• Arthur Rimbaud Le matin des étrennes

     

     

     

     

     

     

    Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !
    Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
    Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,
    Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
    Tourbillonner, danser une danse sonore,
    Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
    On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
    La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...
    On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
    Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
    Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
    Aux portes des parents tout doucement toucher ...
    On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,
    Les baisers répétés, et la gaieté permise !

    Arthur Rimbaud (1854-1891)


  • Commentaires

    1
    Samedi 3 Janvier 2015 à 07:55
    Toujours autant de mal à l'imaginer avec Verlaine. Un flocon dans la tempête. Merci à Vous.
    2
    Samedi 3 Janvier 2015 à 18:29
    JUsqu'à ce que je lise "Arthur Rimbaud", je me disais : "c'est bien écrit! "
    Bonne année 2015
    Gisèle
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