• René-Guy Cadou

    Bientôt l'arbre

    Verdoyante fumée

    Demain je serai l'arbre

    Et pour les oiseaux froids

    La cage fortunée

     

    Les grandes migrations 

    Sont parties de ma bouche

    De mes yeux plein d'épis

    Les éclairs de santé

     

    Je te suis dans l'air bleu

    Flèche douce à la paume

    Bel arbre que j'éveille

    Au bord de mes genoux

    Tronc si blanc qu'il n'est plus

    Qu'une neige attentive

     

    Tu courbe vers le toit

    Tes brandons de lumière

    ta sève jour et nuit

    Chante dans les gouttières

     

    On te fête déjà

    Dans les rues de villages

    Ainsi qu'une saison

    Inconnue de la terre

     

    Et toi dans les sillons

    Sans borne où les perdrix

    Gaspillent pour la joie

    Des poignées de sel gris

    Tu marches répondant

    De la douceur des pierres.

                                   René-Guy Cadou


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :